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Dans la peau du cuir

Dans la peau du cuir

Les peaux et cuirs occupent une place spéciale dans l’univers du design. Et la tradition s’émancipe vers de nouveaux horizons.

C’est le symbole de la haute couture en design, la matière devenue objet de désir, un matériau tactile. Le travailler reste un art. Tanné, imprimé, calandré et même brodé, on l’assemble ensuite pour recouvrir un siège, gainer un bureau. En haut de l’échelle de la qualité, le cuir « pleine fleur » qui a conservé toute l’épaisseur de la fleur, partie supérieure du derme ou des poils. Résistant imperméable, il peut recevoir différentes finitions dont certaines très soignées et très lisses.

Outre le cuir « pleine fleur », on préconise aussi l’utilisation du cuir « fleur corrigée » (on dit aussi poncée, rectifiée ou reconstituée) qui régularise l’aspect de la peau et donne un relief artificiel grainé. Le cuir plongé, généralement une peau d’agneau coloré par immersion et non protégé offre un aspect souple, doux mais elle est fragile et chère. Le nubuck, lui, qui ne peut pas être pleine fleur, puisqu’il est poncé, est un produit issu des peaux d’agneau, de veau ou de buffle avec un aspect patiné et velouté caractéristique. Sont transformés en nubuck les peaux les moins fragiles.

Le daim ou suède est un cuir de porc à l’aspect velours obtenu par ponçage de la partie envers de la peau. La chair du cuir ou fleur se trouve donc à l’intérieur des objets recouverts de daim. Au bas de l’échelle, la croûte de cuir, un cuir épais et fibreux obtenu après tannage et de qualité inférieure qui doit être poncée pour lui donner un aspect velours.

Une matière vivante

Le cuir se découpe, se met en forme, se tresse, s’assemble comme un tissu. Son assemblage s’effectue avec des points de couture, des œillets spéciaux ou des collages. Et sa belle patine acquise avec le temps si on l’entretient correctement en le nourrissant régulièrement ne fait qu’accentuer son impact visuel. Le cuir accompagne aussi l’innovation technologique en accueillant des traitements à toute épreuve sans modifier leurs qualités de souplesse et de respiration. On trouve aussi des cuirs nappés ou voilés souples qui sont plongés dans un traitement protecteur pour résister au soleil et aux intempéries et adaptés à la fabrication de sièges d’extérieur. Quant au cuir grainé, le traitement qu’il subit fait ressortir son grain mais modifie leur aspect naturel. L’effet cuir vieilli, dont le contraste avec des matériaux industriels ou des formes épurées est intéressant, est réalisé à partir de peau de mouton, de veau ou de vachette pigmentées et ombragées en surface pour obtenir un aspect patiné. Quelque son traitement, le cuir, matériau issu du vivant est assez imprévisible. Sa qualité dépend de l’animal, de l’épaisseur, de sa fleur, du tanneur qui l’a travaillé. Sa sensibilité aux tâches peut être contrecarrée par le traitement Scotchguard® et les colorants textiles d’aujourd’hui pour le teindre sont résistants à la décoloration provoquée par les UV.

Tandis que l’on étudie la mise au point de cuirs lavables en machine pour fabriquer des housses de siège, la fabrication du cuir réputée polluante, devient aussi de plus en plus écologique. A la diminution de la quantité d’eau dépensée durant son traitement s’ajoute une modification sensible des compositions chimiques des tanins.La notion de « cuir végétal » fait référence à un cuir de tannage naturel qui utilise, selon une méthode ancienne, l’écorce de pruche, un conifère, ou de chêne. Le cuir végétal est l’un des rares cuirs à ne pas être assoupli et teint au tannage, il garde alors un fini naturel. Des textures inégalées même par les plus belles imitations qui n’imitent que la surface, le grain. Car si elles opèrent une illusion visuelle bien imparfaite, elles ne possèdent ni la résistance du matériau originel, ni ses qualités structurelles.

Des créations actuelles

Entre le Chesterfield revisité par Robert Stadler (qui a réclamé 1000 heures de travail pour le mettre au point) et les créations innovantes de Bruno Domeau, ancien sellie et éditeur (maison Domeau & Pérès), le cuir d’aujourd’hui a bien changé : « Pour chaque projet, on propose au designer un cuir adapté. Agneau, buffle, taureau, ou vache, les peaux que nous travaillons sont issues de techniques anciennes de tannage végétal ou traité au chrome. Sur une belle peau, on doit sentir le grain naturel comme un bois. Ces nuances comme des nœuds offrent des nuances et des imperfections qui prouvent que la matière n’est pas tartinée de peinture, par exemple. Sur les cuirs naturels de taurillon, on peut encore voir les veines du cou de l’animal et du bas ventre ». Aujourd’hui, les spécialistes du cuir tentent de diversifier son image. Dans cet esprit de renouveau, la promotion du collectif de tanneurs et mégissiers Intérieurs Cuir agit, depuis 2008, pour présenter des créations en cuir qui sortent des sentiers battus. Lors de sa 2ème édition, il a choisi le designer François Azambourg pour dépoussiérer le matériau. Mission accomplie pour ce créateur de nouvelles matières qui a proposé des créations iconoclastes, réinvente le siège capitonné, travaille le cuir en patchwork, joue sur sa plasticité et sa souplesse, ses qualités structurelles. Et la 3ème édition, en 2014, a offert les productions de 7 écoles françaises de design et d’architecture. Quant à la société Cuir au carré, ses morceaux de cuir tapissent murs, éléments d’architectures, portes, rangements, meubles, dans un esprit graphique et innovant.;;,

 

Renseignements :

Cuir au Carré : www.cuiraucarre.com

Prix Liliane de Bettencourt : www.intelligencedelamain.com

Interieurs Cuir : www.interieurs-cuir.com

Domeau & Pérès : www.domeauperes.com

 

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