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La belle histoire des boules de Noël en verre.

La belle histoire des boules de Noël en verre.

 

La légende raconte qu’« en 1858 la nature fut avare. La grande sécheresse priva les Vosges du Nord de fruits et le sapin de Noël n’eut donc parure qui vaille. Un souffleur de verre de Goetzenbruck tenta de compenser cette injustice en soufflant quelques boules en verre. Il déclencha à lui seul une tradition qui traversa les cultures ». Soufflées à la canne, ces robustes boules lorraines se démarquèrent très tôt des fragiles décorations en verre filé de facture allemande ou tchèque. Connue pour la production de verre bombé (verre optique et de protection d’instruments de mesure), la verrerie de Goetzenbruck (en activité de 1721 à 2005), village voisin de Meisenthal, produisit également des boules décoratives réfléchissantes dès 1857. Outre la décoration de l’arbre de Noël, ces boules trouvèrent des applications étonnantes dans l’architecture, l’ornement intérieur ou encore les panneaux publicitaires. Les plus grosses (jusqu’à 1 m de diamètre) étaient appelées « boules panorama » pour leur propriété de vision à 360° qu’elles offraient une fois suspendues. Dans les années 1920, devenue l’entreprise Vergo, elle se spécialisa dans la production de boules de Noël. Dans les années 1950, plus de 200 000 boules étaient exportées à travers le monde. Mais l’arrivée du plastique mit hélas fin à ses années de gloire. En 1964, la verrerie arrêta leur fabrication..

Le renouveau de la décoration 

C’est en 1998 que le CIAV organise des rencontres autour des techniques de soufflage et d’argenture des boules de Noël de Goetzenbruck. Yann Grienenberger, responsable du CIAV, a sauvé des moules anciens. Les gestes ancestraux peuvent se perpétuer mais aussi se confronter à des questionnements contemporains. Il décide alors de lancer en 1999, une ligne éditoriale « boule de Noël ». Classiques, rondes en verre blanc, sablé, coloré, argenté, rééditions de modèles anciens en forme de pomme de pin, de grappe de raisin, ou contemporaines, le catalogue mixe tradition et modernité. Aux modèles réédités s’ajoutent, année après année, des boules contemporaines conçues par des créateurs (artistes, designers). À ce jour, 18 modèles continuent à être produits dans les 2 collections : la ligne traditionnelle (objets inspirés de modèles anciens) et la ligne contemporaine (sujets conçus par des designers et artistes contemporains) : Andreas Brandolini, Italo Zuffi, Michel Paysant, Jasper Morisson, Fred Rieffel, Judith Seng et Alex Valder, Philippe Riehling, V8 designers, Mendel Heit, BL 119, Thibaut Allgayer, Studio Ziegleretbrichet...

La tradition de la fabrication

Les boules sont fabriquées selon deux techniques : le soufflé tourné et le soufflé fixe. Parfaitement sphériques, de 3 à 15 cm de diamètre environ, simples comme la goutte, de forme octogonale ou carrée, elles sont soufflées à la bouche selon la méthode du soufflé tourné à mains libres. Si deux à quatre minutes sont nécessaires pour façonner une boule de Noël bien ronde, le verrier doit constamment surveiller la température du verre pour que, durant le façonnage, la matière, qui se travaille à 1000 °C ne refroidisse pas trop à l’air libre. Car une différence importante entre la température ambiante et celle de la matière en fusion provoquerait l’éclatement de la boule. Une fois soufflée au diamètre désiré, la boule est placée dans un four à recuire dit « moufle » ou « arche de re-cuisson » pendant environ six heures, à la température de 500 ° C, puis dans un autre four, le four à temporiser, pendant une journée afin de refroidir graduellement et d’éviter un choc thermique. Cette technique nécessite le plus temps. Les modèles aux volumes particuliers comme la grappe de raisin ou la pomme de pin, dont les empreintes avaient été prises sur les éléments naturels de référence, sont formés dans un moule à évents perforé, composé de deux parties, selon la technique du soufflé fixe.

Pour la seconde méthode, le moule esr d’abord plongé dans l’eau. Puis le verrier introduit la pâte de verre en fusion avec une pince dans le moule fermé. Sans tourner la canne, il souffle avec sa bouche ou avec de l’air comprimé jusqu’à ce que la matière adhère au moule. Lors du soufflage, une couche de vapeur se forme entre la pièce soufflée et la surface intérieure du moule. Les perforations du coffrage permettent l’évacuation de la vapeur et de la chaleur.

Quant à l’argenture du verre, elle est confiée, depuis 2004, à l’entreprise Verrissima de Goetzenbruck. La formule reste toujours secrète. On sait seulement qu’elle est composée de trois solutions (nitrate d’argent, ammoniaque et autres produits dits « solution réductrice »). Les liquides sont versés un à un, puis mélangés à l’intérieur de la boule qui se nappe d’une pellicule d’argent. Cette technique simple de mise en œuvre offre à une boule transparente, ou colorée, l’effet magique d’un miroir réfléchissant avec une vision à 360 °.

Contact :

Centre International d’Art Verrier

Place Robert Schuman

57960 Meisenthal

Tél. : 03 87 96 87 16

Mail : contact@ciav.fr

Site internet : www.ciav-meisenthal.fr

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