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La modernité du feutre millénaire

La modernité du feutre millénaire

Rideaux, coussins, lampes, le feutre est plébiscité par les designers pour son côté décoratif.

Matière intemporelle, durable, ses couleurs envahissent désormais nos intérieurs. Découpé, plié, sculpté, il apparaît là où on ne l’attend pas et côté écologie, il s’impose. Une légende raconte qu’il a été involontairement inventé par saint Clément, un moine errant. Dans ses chaussures de marcheur impénitent, un mélange de sueur et de laine à l’origine de sa fabrication, ensuite perfectionnée. Et depuis la préhistoire, les peuples d’Asie centrale ont élu le feutre pour se vêtir, fabriquer des couvertures, des tapis, des tentes et des yourtes. Véritable isolant phonique et thermique, il est imperméable, quasi insensible à l’eau comme à la neige et arrête mieux les flèches que le cuir…une qualité sans grande valeur de nos jours, mais qui témoigne de sa résistance à toute épreuve. Composées de fibres de laine cardée, ses écailles ont la capacité de s’agglomérer par pression et ébouillantage. Le feutre forme une surface dense qui ne nécessite pas de métier à tisser pour être fabriqué. Et pour façonner ce textile sans fil, deux techniques, la méthode artisanale et le procédé industriel. La première façonne une texture souple, la seconde un matériau plus raide. Mais leurs qualités réconcilient tous les créateurs… Une fois sec, le feutre se découpe à cru. Non tissé, il ne s’effiloche pas. Côté couleurs, la profondeur des teintes obtenues offre une véritable chaleur visuelle comme un rayonnement solaire.

L’apparente délicatesse du feutre artisanal

« Le feutre, c’est de l’eau, du savon et de l’énergie », raconte Krystel Chavigny, créatrice textile et membre d’une toute jeune association Feutre Art Textile. Ce petit noyau de créatrices rassemblées suite à la première édition des Rencontre Européennes du feutre à Felletin, dans la Creuse, en 2011, désormais organisées tous les deux ans, s’expriment à travers le feutre. Elles le façonnent en véritables sculpteurs, traduisant à travers lui l’émotion de la naissance, entre leurs mains, d’un matériau unique. Leurs œuvres sont réalisées manuellement selon des procédés ancestraux. Le principe est simple : on répartit de façon uniforme, en couches croisées horizontales et verticales, la laine naturelle, entre deux tissus absorbants. On asperge d’eau tiède l’ensemble puis on frotte en l’aplatissant avec du savon de Marseille, à travers une gaze. On asperge d’eau chaude et on enroule ensuite la laine comme un tapis. On la roule et la déroule alternativement une trentaine de fois, dans une petite natte, comme si on fabriquait une pâte à tarte. Ce sont ces mouvements répétés qui produisent le feutrage. Après rinçage, on essore et on repasse pour obtenir une texture sèche. Lapin, yack, agneau, cachemire, poils de castor autrefois… c’est la laine mérinos qui est aujourd’hui élue comme matière de prédilection par les artisans et les créateurs d’art textile. « Toutes les laines se feutrent facilement, sauf le mohair. C’est la qualité de la laine qui change l’apparence du feutre. Il peut aussi intégrer d’autres matières et des mélanges de couleurs. On peut aussi le retravailler à sec à l’aiguille », précise Krystel Chavigny.Tapis, housses de coussins ou de chaises, plaids,abat-jours… la souplesse du feutre se travaille comme un textile.

La force dynamique du feutre industriel

Frottements, battages et foulages mécaniques des fibres de laine sont à l’origine de ce type de feutre. Projetés sur des cônes où elles adhérent par aspiration, les fibres sont ensuite trempées dans un bain d’eau bouillante puis pressées. Les designers les travaillent généralement en 3 ou 5 mm d’épaisseur. Chez Metylos, les différents créateurs développent toute la potentialité du feutre. Découpé en lanières et en franges, tressé, ajouré, il se métamorphose en patères, luminaires, encadrements de miroir, rangements à pochettes. En architecture d’intérieur, le feutre se travaille comme un tissu au plombant unique. Ses propriétés hydrofuges et hydrorégulatrices, offrant une climatisation naturelle, ont donné l’idée à Lily Latifi de le décliner en panneaux muraux ajourés. « Ce textile (matière 2 D) possède certaines propriétés des matériaux 3 D, avec une capacité à être sculpté et taillé à vif », explique Lily Latifi. Et le feutre industriel est même utilisé comme réserve d’eau pour les plantes installées verticalement tout simplement par capillarité, ou mélangé à la terre, sous les plantes.

Le feutre, matériau qui a traversé le temps, possède aussi son musée en nom propre : A Mouzon, dans les Ardennes, le musée du Feutre réconcilie sans parti pris les deux univers du feutre industriel et artisanal, en présentant régulièrement des expositions temporaires de designers.

 

Contact :

Feutre Art Textile : www.feutrearttextile.com

Lily Latify : www.lilylatifi.com

Metylos : www.metylos.com

Musée du feutre : www.mouzon.fr/musee.asp

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